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Une
artiste prolifique...
Claude
Tremblay est née à Chicoutimi, au Saguenay. Ce qui est normal lorsqu’on
porte le nom de Tremblay… Après de multiples déménagements, la famille
s’installe à Québec où elle demeure huit ans. Depuis une vingtaine
d’années, elle habite le comté de Portneuf, plus précisément au Lac au
Sable. Elle est l’aînée d’une famille de trois enfants. Elle avoue
qu’elle a toujours dessiné. Certains artistes sont, tout jeunes,
inspirés par d’autres membres de la famille. Ce n’est pas le cas de
Claude Tremblay ; c’est la seule peintre de la famille.
Les
chemins que suivent les artistes sont parfois prémonitoires. Alors
qu’elle demeurait à Québec, elle a loué un mur au Centre commercial
Fleur de Lys ; elle y produisait des dessins pour des chambres d’enfant
qu’elle vendait aux clients. Une fois rendue dans le comté de Portneuf
et après avoir travaillé en restauration pour assurer une certaine
subsistance, ce n’est que l’an dernier qu’elle décide de se lancer en
peinture. Elle doutait alors de son art et elle avoue qu’elle n’avait
pas encore trouvé son style.
Mais
certains hasards ne sont pas tout à fait des hasards. Gaby Lamothe lui
demande de participer au Symposium de peinture de la Mauricie. Il s’agit
pour Claude d’une révélation ; les artistes doivent en effet peindre
pendant plusieurs jours devant le public. Quoique ce soit une première,
ce dernier ne lui ménage pas les encouragements. Elle y fait aussi la
rencontre de Louis Desaulniers, qui enseigne maintenant à Grand-Mère; un
« super prof », un « maître en couleurs », dira-t-elle de lui.
Ces
deux événements lanceront sa carrière. Le doute devant la toile blanche
ne semble pas exister pour cette artiste tellement est grand son besoin
de créer. « J’y vais comme ça », dira-t-elle. Contrairement à de
nombreux peintres qui travaillent à partir d’esquisses – ou de photos.
Claude Tremblay attaque directement la toile, sans autre référence
visuelle. Son art est figuratif, avec quelques pointes d’abstraction.
Elle voue une certaine admiration à des peintres, et non les moindres :
Gauguin, Lautrec, Cézanne.
À
l’exception de quelques natures mortes, elle est fascinée depuis l’hiver
dernier par les arbres et la lumière. Les arbres ont toujours joué un
rôle important dans l’art figuratif, sorte de témoins immuables devant
le temps qui passe. Mais ses arbres ne sont pas verts, comme le voudrait
l’art figuratif traditionnel ; ce sont des arbres « imaginaires » qui se
prêtent aux essais de couleurs de l’artiste. Ils sont bleus, mauves,
rouges, transformés par la couleur et par la lumière qui passe à travers
les troncs. Elle ignore d’où vient cette fascination, mais elle este
accrochée à ce thème. Cependant, elle admet volontiers qu’elle peut
décrocher d’un jour à l’autre ; « On se lève un matin et on se dit que
c’est fini les arbres ; on ne sait pas », dit-elle.
Certains artistes sentent le besoin de voyager pour se ressourcer, pour
refaire le plein. Ce n’est pas le cas de Claude Tremblay qui n’a eu
guère le temps, ni l’envie de voyager durant la dernière année. Il faut
dire que la quiétude de la nature quelque peu sauvage du comté de
Portneuf élimine ce besoin. De plus, à cause de la présence accrue
d’artistes, la région connaît un regain de vie culturelle important.
Symposiums, expositions de groupe, sont maintenant monnaie courante.
Ainsi, Claude Tremblay a récemment exposé ses œuvres pendant une semaine
au Centre des arts de Shawinigan.
Malgré
son arrivée récente sur la scène, Claude Tremblay est une artiste
prolifique, produisant une vingtaine de tableaux par mois. Elle est
aussi sensible aux commentaires. Elle me raconte, à titre d’exemple,
avoir été touchée par cette phrase d’une cliente : « Ça me fait
tellement de bien de regarder la peinture que j’ai achetée… ».
Claude
Tremblay, après à peine une seule année de diffusion, connaît un succès
exceptionnel en galeries. Ce succès, elle dit le devoir à Denis
Beauchamp, de Multi Art, celui-là même qui gère la carrière de Tex Lecor,
Bertounesque, Lacaille et compagnie. Toujours attentif aux artistes
talentueux de la relève, à la découverte de Claude Tremblay, Monsieur
Beauchamp n’a pas hésité à la présenter à de nombreuses galeries qui,
depuis lors, s’arrachent ses tableaux.
Voilà
donc une belle découverte qu’il faudra suivre de près.
Jean-Guy Thibault

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