En 1951, trois ans à peine après Refus Global,  Paul entame, à dix-huit ans, ses études à l’École des Beaux Arts de Montréal.

 

L’institution, déjà vénérable après plus d’un demi siècle d’existence, est en pleine ébullition, plusieurs des artistes les plus prometteurs de l’art moderne québécois y étudiant ou y enseignant.

 

Jacques de Tonnancour (1917- ) lui enseigne la peinture, Jean Simard et Irène Sénécal, l’enseignement et Yves Ley la publicité – une solution de survie au cas ou l’art pour l’art s’avérait impraticable.  Plus tard, Stanley Cosgrove (1911-2002) viendra participer à la formation de l’artiste.

 

En 1956, Paul, porte déjà  son surnom de Tex qu’il avait rapporté d’un été de travail dans l’Ouest Canadien. Un ceinturon acheté alors portait, sur sa boucle, le mot ‘’Texas’’. Les aléas de la vie eurent vite fait de ne  laisser intactes à celui-ci que les trois premières lettres. Ce nom rappelant l'univers des pionniers dont l'artiste a conservé une certaine attitude héritée de ses fréquents séjours chez les bûcherons et les draveurs, fit rapidement l'unanimité.

 

C’est à ce moment que Tex s’installe dans cette ruche de créativité qu’est la rue Ste-Famille dans les années 50.  C’est une époque de taudis, de ruelles et de scènes de villes ou les habitants semblent aujourd’hui venir d’un monde un peu surréel tant on a oublié cette époque pourtant pas si lointaine.

Paul au début des années 50

Paul à la récolte du tabac vers le milieu des années 50

Le travail pictural de Tex, à cette époque, tient un peu des symbolistes français.  Il rehausse de traits noirs les formes de façon à en mieux cerner le caractère.  Son travail est alors un peu sombre et laisse mal deviner le fin coloriste qu’il deviendra beaucoup plus tard.

 

C’est à cette époque, suite à un déménagement rue Cherrier, que Tex fait la rencontre de Léo Ayotte (1909-1976) qui deviendra un ami et une influence marquante pour le jeune peintre qui admire les talents de coloriste de son aîné.

 

Tex vit alors la vie de bohème.  Il dessine pour les touristes sous la statue de Champlain à Québec et vit de petites besognes çà et là.  Pendant six étés, il travaille comme capitaine de caboteur en Gaspésie et découvre une population qui inspire son travail d’artiste de l’époque.

C’est aussi à cette époque qu’il rencontre un homme d’affaires montréalais du nom d’Alex Goldstein.  Ce dernier ayant été frappé par le travail pictural de l’artiste le fait pratiquement vivre.  Il achète la presque totalité de la production de l’artiste à prix modique assurant ainsi à Tex une bien relative sécurité.

 

Tex termine ses études aux Beaux-Arts en 1957.  Il commence alors une période marquante de sa vie et de sa carrière qui fera de lui une vedette importante du Québec  (...Suite)

 

 

Tex en Gaspésie, fin des années 50


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